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Jeudi, 20 Juin 2013
Informations et conseils à destination des parents sur les risques liés à la consommation d'alcool chez les jeunes.

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Posez dès maintenant toutes vos questions au Professeur Bailly en nous adressant un Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. . Vous serez prévenus dès que les réponses à vos questions sont en ligne ci-dessous.

 

Question

Mon fils de 16 ans a été à 2 soirées entre amis où il y avait de l'alcool. Lors de la 1ère soirée, nous l'avons prévenu qu'il y aurait probablement de l'alcool, qu'il fallait qu'il fasse attention, qu'un verre consommé était bien suffisant et qu'on lui faisait confiance. A priori, cette soirée s'est plutot bien déroulée. Lors de la 2ème soirée j'ai remarqué qu'il avait l'air d'avoir bu plus qu'il n'aurait dû quand j'ai été le chercher, et a reconnu qu'il avait peut être un peu abusé. Du coup, je ne sais pas quoi faire et avec mon mari, notre première idée est de lui interdire toutes sorties en soirée pour le moment. Est-ce la bonne solution ? Je me demande si le fait de lui avoir autorisé à prendre un verre d'alcool était une bonne idée ?

La réponse du Professeur Bailly ...

Mettre en garde votre fils contre les dangers de l’alcool et l’autoriser à en prendre un verre était une bonne idée. Lui interdire maintenant toutes sorties en soirée serait, à mon avis, contreproductif et risquerait d’engendrer des conflits avec votre fils autour d’un problème qui, sans doute, n’en est pas un.

La situation que vous rapportez amène, à mon avis, deux questions :

- Pourquoi le premier « contrat » passé avec votre fils n’a pas fonctionné ?
- Que s’est-il passé au cours de cette deuxième soirée et que retient-il de cette expérience ?

Pour y répondre, vous devez laisser votre fils se raconter. C’est de lui dont il s’agit, pas de vous. Aborder le sujet le plus sereinement possible, en lui montrant que vous êtes prête à entendre ce qu’il a à vous dire sans risquer de se heurter à un jugement moral qui n’aurait de sens que pour vous. Avant d’agir, il convient d’abord d’essayer de comprendre ce qui s’est passé. C’est à partir de ce qu’il va vous dire que vous pourrez ensuite vous mettre d’accord ensemble sur quelques règles de conduite. Un « contrat » est toujours le fruit de négociations qui visent à obtenir un compromis acceptable pour les deux parties. Une fois ce « contrat » passé, montrez-lui que vous êtes disponible et prête à l’aider à le respecter.

Pour avoir confiance en vous, il faut aussi que votre fils ressente que vous avez confiance en lui et que ce n’est pas une petite expérience, certes malheureuse mais somme toute banale, qui va remettre en cause la qualité du lien qui vous unit. Vous avez le droit et le devoir en tant que parents de poser des limites. Mais ces limites n’auront de sens pour votre fils que si elles répondent à ses besoins réels. Permettre à votre fils de s’approprier ses propres besoins ( et non de ressentir que ces besoins viennent de vous ), c’est aussi lui permettre de construire progressivement des conduites et des comportements qui tiendront compte de ses facteurs propres de vulnérabilité mais aussi de ses capacités propres à y faire face. Que représente l’alcool pour lui ? Quelle image en a-t-il ? Quelle place donne-t-il à l’alcool par rapport à lui-même et dans ses relations aux autres ? Qu’a-t-il ressenti au cours de cette deuxième soirée ? Comment se fait-il qu’il ait pu « tenir le contrat » au cours de la première soirée et qu’il ait « dérapé » au cours de la deuxième ? Que retient-il de cette expérience quant à son rapport à l’alcool, à lui-même et aux autres ?

Seule une attitude compréhensive et cohérente par rapport aux problèmes posés pourra permettre un échange réel avec votre fils dans une réflexion en commun structurante pour lui.

 

Question

Confrontée à une situation nouvelle pour ma fille de 13 ans et nous-même par voie de conséquence, j'aimerais avoir votre opinion. Elle est invitée à l'anniversaire d'un camarade de classe et d'une autre jeune fille qu'elle ne connaît pas,  sans présence d'adultes. Ils seront une vingtaine entre 13 et 14 ans. Cette organisation me dérange un peu ; je suis tiraillée entre le fait de lui laisser un peu plus de liberté et mes responsabilités en tant que parent.

La réponse du Professeur Bailly ...

 

Pas de panique ! Votre fille est à l’âge où l’on commence à ressentir le besoin de s’affranchir de la tutelle parentale. Elle est à l’âge où l’on commence à ressentir le besoin de partager des « choses » avec ses copains et ses copines hors du regard des parents. C’est dire que vous n’avez pas fini de vous inquiéter…

L’inquiétude que vous ressentez et les questions que vous vous posez sont légitimes. Trop envahissantes, elles risquent cependant de gêner votre fille dans la découverte de sa singularité et de son autonomie. C’est aussi au travers des relations et des expériences qu’elle va vivre avec ses pairs que votre fille va se construire.

Qu’on le veuille ou non, pour se construire, l’adolescent a besoin de s’affirmer, d’éprouver ses propres limites, de tester son autonomie et sa liberté. Pour ce faire, il a besoin de s’appuyer sur le groupe de ses pairs afin de partager avec d’autres semblables ses craintes, ses espoirs et ses interrogations. Mais il a besoin aussi de ses parents. Ce qu’un adolescent attend de ses parents, c’est qu’ils soient pour lui un guide, c’est-à-dire celui qui accompagne, qui montre le chemin et qui donne des repères. Ce qu’un adolescent attend de ses parents, c’est qu’ils lui offrent une base de sécurité suffisamment souple, solide et disponible, pour qu’il puisse explorer le monde et ses rapports au monde en toute confiance, sans risque de s’y perdre. Vouloir empêcher l’adolescent de faire les expériences auxquelles il devra obligatoirement se confronter n’a pas de sens. Le laisser seul, démuni et sans repère, faire ces expériences est une attitude à haut risque de dérapages.

Concrètement, cela signifie que vous devez parler avec votre fille de cette fête d’anniversaire. Qu’est-ce que cette fête représente pour elle ? Qu’en attend-t-elle ? Comment voit-elle les choses ? A-t-elle des craintes, des doutes sur ce qui risque de s’y passer ? Comment se voit-elle répondre aux diverses sollicitations auxquelles elle risque d’être confrontée ( tabac, alcool, cannabis, entreprises de séduction… ). Y-a-t-il un risque que les choses dégénèrent ( ivresses, bagarres… ) ? Laissez-la s’exprimer librement, tranquillement, sereinement. C’est d’elle dont il s’agit, pas de vous. C’est à partir de l’idée qu’elle se fait de la situation à venir que vous allez pouvoir l’aider. Il y a toujours une première fois, et c’est vrai que cette première fois est importante. Non seulement vous avez le droit, mais vous avez le devoir aussi de lui donner un cadre auquel elle pourra se référer. Savoir poser des limites, c’est aussi montrer à son enfant qu’on tient à lui. A condition que ces limites répondent à ses besoins propres et que vous n’adoptiez pas une attitude moralisante qui consisterait à lui promulguer des interdits a priori. Même si une telle attitude peut vous donner, à vous, l’illusion d’être rassurée…

Question

Ma fille de 13 ans est allée à la St-Jean et m'a demandé la veille si je pouvais lui donner une bouteille d'alcool. J'ai refusé et lui ai expliqué ce que pouvait faire l'alcool, mais les parents de ses deux grandes amies ont acheté de l'alcool à leurs filles. Je reste toujours sur ma position que l'alcool n'est pas bon pour des ados de 13 ans : comment faire comprendre à ma fille que l'alcool est négatif dans sa vie quand les parents de ces amies font le contraire ?

La réponse du Professeur Bailly ...

Vous avez eu raison de ne pas donner d’alcool à votre fille. A 13 ans, même si l’on connaît les dangers de l’alcool, on n’est pas toujours en capacité de contrôler ce que l’on fait, surtout lors d’une fête comme celle à laquelle devait participer votre fille, où, emporté par l’ambiance et les copains, on oublie plus facilement les risques que l’on prend. C’est principalement dans des circonstances comme celle-là que surviennent les ivresses et les accidents. Accepter tout et n’importe quoi de son enfant n’est pas forcément une preuve de la confiance qu’on lui accorde ou de l’amour qu’on lui porte. Au contraire.

Les parents doivent représenter pour l’enfant une base de sécurité suffisamment solide et disponible pour qu’il puisse explorer le monde et ses rapports au monde en toute confiance, sans risque de s’y perdre. Certes, dans le contexte actuel, il est difficile d’empêcher qu’un enfant fasse l’expérience de l’alcool. Mais cela ne veut pas dire pour autant que les parents doivent se montrer complices de comportements qui risquent de lui être dommageables. Permettre à son enfant d’exprimer ses envies, ses intérêts, ses difficultés, ses interrogations, tout en sachant poser des limites, sans céder à la tentation souvent grande de promulguer un interdit a priori, en évitant toute attitude de réprobation moralisante, c’est non seulement lui montrer que nous le respectons en tant que personne, mais c’est aussi et peut-être surtout lui montrer que nous tenons à lui. Beaucoup de parents sont en difficulté lorsqu’il s’agit d’aborder avec leur enfant les questions relatives à l’alcool. Certains se sentent obligés de se montrer comme ceux qui savent et qui disent le « bien » et le « mal ». D’autres se sentent complètement démunis, comme s’ils n’avaient pas le droit de dire « non ». Dire ce que nous sommes, ce que nous faisons et au nom de quoi, n’est certes pas toujours facile. Mais nous nous devons d’être pour nos enfants des guides, au sens de celui qui accompagne, qui montre le chemin et qui donne des repères.

Question

Le fait de faire goûter du bon vin à un ado au cours d'un bon repas pour lui apprendre à tester des goûts ou des saveurs , de lui permettre de boire du champagne lors de fêtes d'anniversaire par exemple, est-il dangereux et entraîner une dépendance à l'alcool?

La réponse du Professeur Bailly ...

Ce n’est pas l’alcool qui crée la dépendance, c’est le comportement que nous adoptons vis-à-vis de l’alcool. Aujourd’hui, la grande majorité des adolescents consomment de l’alcool et toutes les études montrent que leur « initiation » à l’alcool a lieu le plus souvent en famille, en  particulier à l’occasion d’un événement marquant ( mariage, anniversaire, communion ).

Vouloir empêcher les adolescents de faire l’expérience de l’alcool n’a pas de sens. Qu’on le veuille ou non, notre culture fait qu’il est difficile d’échapper à l’« initiation » à l’alcool, et le rôle des parents n’est pas de dire, a priori, ce qui est « bon » et ce qui est « mauvais » pour l’adolescent. De plus, si la consommation d’alcool chez l’adolescent a longtemps été considérée comme une tentative d’inscription dans le monde des adultes, elle apparaît aussi, et peut-être surtout de nos jours, comme un facteur d’intégration au groupe des pairs. Mais cela ne veut pas dire pour autant que les parents doivent se montrer complices de comportements qui risquent d’être dommageables pour l’adolescent. Si les conduites de consommation de l’adolescent prennent place dans un univers familial et culturel donné, auquel elles sont souvent empruntées, l’adolescent leur donne aussi un autre sens, propre à son âge, à ses intérêts, à ses préoccupations, à ses difficultés. Accompagner l’adolescent dans ses premières expériences avec l’alcool apparaît comme une impérative nécessité. Mais cela doit se faire non pas en fonction de ce que l’on pense être « bon » ou « mauvais » pour l’adolescent, mais en fonction des besoins, des ressources et des limites, propres à chaque adolescent. C’est dire qu’il convient d’être attentif à la manière dont l’adolescent perçoit l’alcool et à la place qu’il lui donne dans son fonctionnement et dans sa vie. Toutes les études montrent que la précocité de la consommation d’alcool est l’un des facteurs les plus prédictifs de la survenue d’un abus ou d’une dépendance à l’adolescence. Toutes les études montrent aussi que les conduites d’abus et de dépendance chez l’adolescent s’inscrivent toujours dans un contexte de souffrance psychologique, familiale et / ou sociale, où l’on peut craindre en même temps d’autres comportements à problèmes.

Question

Ma fille 24 ans vide en cachette une bouteille de vin par soirée, quand j'ai du vin chez moi ou de l'alcool et qu'elle le trouve elle le boit. Le dialogue est difficile, je ne sais pas quoi faire. Par ailleurs, mon fils 21 ans boit avec les copains... Que nous conseilleriez vous?

La réponse du Professeur Bailly ...

Manifestement, vous pensez que votre fille a des problèmes avec l’alcool. Vous devez lui en parler, sans dramatiser et en évitant, autant que faire se peut, toute attitude de réprobation moralisante. Si le dialogue est difficile, mieux vaut éviter de centrer la relation sur sa prise d’alcool et sur les risques qu’elle encourt. Votre fille a d’ailleurs certainement conscience de sa consommation excessive. La lui rappeler, c’est risquer de la mettre d’emblée en difficulté vis-à-vis de vous et de transformer votre relation en une véritable « lutte de pouvoir ».

Les problèmes sont sans nul doute aussi ailleurs. Montrez-lui que vous êtes présent, disponible, prêt à entendre ce qu’elle a à vous dire. Aidez-la à exprimer ses difficultés, ses doutes, ses interrogations, ses attentes, ses intérêts. Montrez-lui que vous êtes prêt à supporter son agressivité, à assumer votre part de responsabilité, sans renoncer à ce que vous êtes profondément.


Votre fille a 24 ans. C’est maintenant à elle, et à elle seule, de savoir ce qu’elle veut pour elle-même. Néanmoins, vous resterez toujours son père et même si elle ne vous le montre pas, ce que vous dîtes compte. Plus qu’une action, une réponse, une solution, c’est l’attitude que vous allez adopter en fonction de ce qu’elle va vous dire qui importe. Fuir ou refuser les conflits en voulant à tout prix imposer son point de vue ne résout pas les problèmes. Sans vous placer en situation de complice ou de « père la morale », vous devez l’écouter attentivement et de façon vigilante. Mais vous devez aussi lui dire, sans ambiguïté, ce que vous pensez et ce que vous êtes prêt à faire et à ne pas faire pour elle. Etre confronté à la réalité, c’est devoir prendre position. Vous pouvez aider votre fille, mais c’est à elle seule d’opérer les changements nécessaires pour qu’elle aille mieux.


Montrez-lui que vous êtes prêt à y réfléchir ensemble et sachez garder à l’esprit le vieil adage populaire : « Il n’y a pas d’urgence, il n’y a que des gens pressés ». Accepter l’idée que l’on va mal et que l’on a besoin d’aide et de soins demande du temps. Seul un échange réel avec votre fille, dans une réflexion en commun, d’adulte à adulte, structurante pour elle comme pour vous, lui permettra d’avancer.

 

Question

Je suis moi-même fille d'alcoolique et ne supporte pas les personnes alcoolisées près de moi. Mon mari est lui aussi fils d'alcoolique mais ne gère pas le problème de la même facon que moi. Il consomme un peu d'alcool, comme tout le monde alors que moi, je pose systématiquement mes limites à 2 verres en cas de soirée avec des amis ou de la famille. Notre fils, âgé de 20 ans, a commencé à consommer de l'alcool lors de soirées avec des copains à partir du moment où la petite amie dont il était éperdument amoureux l'a quittée.Il avait presque 19 ans.Leur relation amoureuse avait duré un an. Depuis un an maintenant, notre fils sort chaque week-end et rentre grisé.Il n'est jamais ivre à tomber par terre.Il ne conduit pas mais prend les transports ( métro ou taxi ) mais chaque week-end, nous nous inquiétons et essayons de le mettre en garde.

Pouvez-nous nous éclairer sur les facteurs génétiques ? Nous avons un autre garcon âgé de 15 ans et nous voudrions les alerter sur les effets de l'alcool mais aussi sur le passé désastreux de leurs grand-pères.

La réponse du Professeur Bailly...

..."Le poids des facteurs génétiques dans le déterminisme de la dépendance à l’alcool est de l’ordre de 30 à 60 %. Les enfants issus de parents « alcooliques » ont 10 fois plus de risque que les autres de développer une dépendance à l’alcool ou à d’autres produits. Ce sont des faits. Vous pouvez, et vous devez, en parler avec vos fils. Votre mari et vous avez développé des stratégies, propres à chacun, pour faire face à ce risque. N’hésitez pas à en parler librement avec vos fils. Compte tenu de leurs antécédents familiaux, ils vont devoir, eux aussi, composer avec ce risque. Montrez leur que vous êtes là, disponibles, prêts à les aider, sans dramatiser, mais sans banaliser non plus, pour qu’ils trouvent eux aussi leur propre chemin leur permettant d’éviter de s’engager dans des conduites d’alcoolisation dommageables.

Comme le disait Simone de Beauvoir : « C’est dans la connaissance des conditions authentiques de notre vie qu’il faut puiser la force de vivre et des raisons d’agir ».

 

Question

J'ai découvert 3 bouteilles de vodka en regardant dans le sac de mon fils de 15 ans hier soir quand il est revenu du skatepark (j'ai regardé dedans en "cachette" car je trouvais qu'il sentait l'alcool et j'avais un doute sur le poids de son sac). Je craignais qu'il ne les amène à l'école, j'ai donc visité sa chambre, chose que je ne fais jamais, et je les ai trouvé cachée avec une autre bouteille  Je compte lui parler ce soir. Mais je ne sais pas quoi faire. Dois-je les confisquer sans rien lui dire ? En lui laissant les bouteilles, j'ai l'impression de cautionner quelque chose que je n'autorise pas.

La réponse du Professeur Bailly...

..."Surtout, ne trichez pas ( ne faites pas comme votre fils ! ).

Dites lui la vérité : vous êtes inquiète de son comportement, vous avez regardé dans son sac, « fouillé » dans sa chambre, certes sans lui en parler, mais pour la bonne raison que vous l’aimez et que vous ne voulez pas qu’il s’engage dans un chemin où il risque de s’égarer.Votre fils va certainement se rebeller et vous opposer des arguments que l’on connaît bien : la liberté de faire ce qu’il veut, l’absence de crédibilité des adultes, etc…Essayer de rester neutre. L’enjeu n’est pas de savoir si vous êtes ou non une « bonne » mère.Montrez lui que vous êtes là, disponible, attentive à ce qu’il vous dit.

Laissez du temps au temps. Si besoin, mettez vous d’accord avec votre fils sur quelques règles simples de conduite, tout en l’encourageant et en l’aidant à les respecter. Et si la situation vous paraît bloquée, si vous avez l’impression d’être dans une impasse, dommageable pour vous comme pour votre fils, ne restez pas seule. N’hésitez pas à demander de l’aide."

 

Question

J’ai un doute sur le fait que ma fille boive de l’alcool ou non avec ses amis. Elle me dit que non et se fâche dès que je lui pose la question, mais je la trouve un peu nerveuse depuis quelques temps. Comment vérifier par moi-même ? Christiane (Nevers)

La réponse du Professeur Bailly......"Surtout ne cherchez pas à vérifier que votre fille consomme ou non de l’alcool. Cela risque de renforcer ses difficultés actuelles de communication et de transformer votre relation en une véritable « lutte de pouvoir ». Plus vous allez chercher à savoir si votre fille consomme ou non de l’alcool, plus elle va s’enfermer dans ses conduites d’opposition. Quelle est la vraie question que posent l’attitude et le comportement de votre fille ? Elle vous montre que depuis quelque temps elle se trouve confrontée à des difficultés auxquelles elle n’arrive pas seule à faire face. Montrez vous présents, disponibles, attentifs, prêts à l’aider. Montrez lui qu’elle peut se confier à vous sans risquer de se heurter à des interdits a priori, sans risquer de recevoir une réponse de réprobation moralisante. Montrez lui que vous pouvez être pour elle un « repère » digne de confiance. Seule une écoute attentive lui permettra d’exprimer son vécu douloureux et lui montrera tout l’intérêt que vous y portez.

Peut-être bien que ses difficultés actuelles n’ont rien à voir avec un problème d’alcool."

 

Question

Mettre mon fils en garde contre les dangers de l'alcool ou lui interdire d'en boire, alors que, nous-mêmes en buvons régulièrement à la maison, est-ce que ce n’est pas un peu contradictoire ? Qu’est-ce que je peux lui répondre s’il me dit que je ne peux pas lui interdire ce que je fais moi ? Olivier (Annonay)

La réponse du Professeur Bailly......"Il y a des choses que les adultes peuvent faire et que les enfants et les adolescents ne peuvent pas faire.Les enfants et les adolescents sont plus sensibles aux effets de l’alcool que les adultes. Cela est vrai non seulement en ce qui concerne les effets directs de l’alcool sur l’organisme mais aussi en ce qui concerne les risques d’abus et de dépendance. Par ailleurs, en raison de leur impulsivité, de leur besoin de satisfactions immédiates et de leurs emballements émotionnels, les adolescents ont souvent beaucoup de mal à contrôler leur consommation d’alcool.Rien ne sert d’interdire a priori à votre fils de consommer de l’alcool. De toute façon, il le fera, à un moment ou à un autre, avec ses copains. Par contre, vous pouvez très bien lui expliquer les risques qu’il encourt et la nécessité pour lui d’être vigilant quant à sa consommation d’alcool. Montrez lui que vous êtes prêts à l’aider s’il rencontre des difficultés.En fait, tout dépendra de votre propre attitude à l’égard de l’alcool et de votre position vis-à-vis de vos propres conduites de consommation.Si l’alcool vous est indispensable pour supporter les stress de la vie quotidienne, s’il vous est indispensable au maintien de votre équilibre affectif et relationnel, si vous vous sentez confusément coupable de votre propre consommation, vous risquez d’avoir beaucoup de mal à en parler avec votre fils et à trouver des réponses efficaces à son argumentation.

Beaucoup de parents sont en difficulté lorsqu’il s’agit d’aborder avec leurs enfants les questions relatives à la consommation d’alcool. Certains se sentent obligés de se montrer comme ceux qui savent et qui disent le « bien » et le « mal ». D’autres se sentent complètement démunis, comme s’ils n’avaient pas le droit de poser des limites. Dire ce que nous sommes, ce que nous faisons et au nom de quoi, n’est certes pas toujours facile. Mais nous ne pouvons aider nos enfants que si nous sommes nous-mêmes au clair avec ces questions."

 



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